Méthodes de protection
I] L'échelle Ines
Pour mesurer la gravité d'un accident nucléaire, il existe une «échelle internationale des évènements nucléaires» : l'échelle INES ( International Nuclear Event Scale ).
Cette échelle présente 8 niveaux de 0 à 7, qui définissent la gravité d'un événement.
Par exemple l'accident nucléaire de Fukushima au Japon était classé au niveau 7.

Niveau 0 : Anomalie sans importance du point de vue de la sûreté.
Niveau 1 : Anomalie de fonctionnement dans une installation nucléaire, sans conséquence radioactive.
Niveau 2 : Incidents techniques affectant de façon importante les dispositions de sûreté ou entraînant un dépassement des normes d'irradiation annuelles pour un travailleur.
Niveau 3 : Incidents graves affectant le sûreté de l'installation ou conduisant à des rejets radioactifs dans l'environnement supérieurs aux limites autorisées ou à des irradiations graves pour un ou des travailleurs.
Niveau 4 : Accident répondant à l'un ou plusieurs des critères suivants : rejets ne comportant pas de risques importants hors du site, détérioration du cœur nucléaires, irradiation ou contamination un ou plusieurs travailleurs pouvant conduire à un décès.
Niveau 5 : Accident présentant des risques pour l'environnement conduisant au déclenchement du Plan Particulier d'Intervention (PPI) et des dispositions de protection de l'extérieur du site en raison de risques de rejets radioactifs importants. Endommagement grave de l'installation nucléaire entraînant le relâchement de grandes quantités de radio éléments dans l'installation.
Niveau 6 : Accident grave entraînant de très importants rejets radioactifs à l'extérieur.
Niveau 7 : Accident majeur conduisant au rejet dans l'environnement d'une part importante des éléments radioactifs contenus dans le cœur d'un réacteur. Rejets conduisant à des effets graves pour l'environnement et la santé des populations dans un rayon vaste de l'installation.
II] Mesures de sécurité
1) A l'intérieur des centrales
Les règles de sécurité dans les centrales consistent à :
- contrôler rigoureusement la réaction de fission
- éviter la dispersion des produits de fission hautement radioactifs grâce à une enceinte de confinement du réacteur
- évacuer l'énergie libérée sous forme de chaleur par le réacteur
- éviter la dispersion de tout produit radioactif en dehors de la centrale
- résister à un séisme ou à l'impact d'un avion
éclatement d'un noyau instable en deux noyaux plus légers, cet éclatement s'accompagne d'un dégagement d'énergie.
Si un de ces problèmes survient, un plan d'urgence est activé. Ce plan permet de :
-
donner l'alarme
-
limiter l'extension de l'incident
-
évacuer le personnel de la centrale
-
évaluer l'importance de l'incident
-
prévenir les équipes d'intervention
Des mesures techniques de protection collective doivent être mises en place en priorité :
-
le confinement des matières radioactives (afin d’éviter toute dispersion dans les locaux de travail et dans l’environnement) à toutes les phases possibles (transport, manipulation, utilisation) et rendre impossible le risque d’exposition par contact ou incorporation interne (installation d’enceintes confinées par exemple)
-
l’assainissement et le traitement de l’atmosphère des locaux de travail
-
la limitation de l’exposition aux rayonnements ionisants provenant de sources radioactives (matières, émission commandée) : utilisation de collimateurs ou d’écrans, travail à distance, interventions de durée limitée, délimitation de zones, organisation du travail de façon à réduire les doses le plus possible ou à empêcher toute exposition directe.
En complément, peuvent être proposés des équipements de protection individuels afin de limiter :
-
les risques de contamination (masque respiratoire, gants, surbottes, tenue ventilée…)
-
l’exposition externe (tabliers plomb ou équivalent plomb, cache-thyroïde, lunettes…)
2) En dehors des centrales
Si l'accident est considéré comme étant grave, un plan d'urgence est mis en œuvre par le préfet: Plan Particulier d'Intervention (PPI). Ce plan rassemble les mesures à prendre vis-à-vis de la population. En cas de problèmes nucléaires , plusieurs moyens de protection et de prévention sont mis en place.
1. L'alerte
La zone en question est divisée en 3 zones : secteur Ouest , Est et Centre. Grâce à cette division , les signaux des sirènes d'alarme sont envoyés dans chaque secteur. Ce Système sélectif permet de limiter l'alarme aux sirènes à la partie du territoire réellement menacé. La population, alertée, est tenue au courant de l'évolution de la situation par des messages diffusés sur les stations nationales de radiodiffusion.
2. L'absorption de comprimés d'iodure de potassium
Lors d'un accident nucléaire, de l'iode 131 est libéré. Utilisé à petite doses, notamment pour des applications médicales, c'est un des produits de fission les plus redoutés lorsqu'il est relâché par accident dans l'environnement, car il se concentre dans la thyroïde. Le fait de prendre des comprimés d'iodure de potassium avant ou pendant l'arrivée d'un nuage radioactif, permet de réduire fortement la dose d'irradiation reçue.
En cas de besoin, la population concernée sera invitée par les stations nationales de radiodiffusion à récupérer les comprimés d'iodure en un lieu désigné à ces fins par les autorités communales. Les pharmacies sont désignées d'office comme point de distribution de comprimés d'iodure de potassium. Chaque emballage de comprimés contient une notice informative détaillée sur la quantité totale d'un médicament à administrer à respecter qui sera différente selon l'âge de la personne. Toutefois, chez certaines personnes l'absorption de comprimés d'iodure peut entraîner des effets secondaires (par exemple les personnes hypersensibles à l'iode ou souffrant d'une maladie de la thyroïde).
3. La mise à l'abri
La dose d'irradiation reçue à l'intérieur d'un lotissement est nettement inférieure à celle reçue à l'extérieur. Il faut absolument faire attention a ce que les ventilateurs et les climatiseurs soient débranchés, les portes et les fenêtres fermées. La mise à l'abri de la population dans les maisons offre une protection considérable contre les irradiations. Une pièce isolée dans une maison, comme une cave, est une zone de protection encore plus efficace.
III. Expérimentation : le C.R.A.B
1) Qu'est-ce que le C.R.A.B ?
Le C.R.A.B est un compteur de radioactivité Bêta et Gamma qui comprend :
- un compteur de radiations, de type Geiger-Müller, capable de détecter des rayons Bêta et Gamma et de les compter
- Une source au Césium 137 qui émet des rayons Bêta et Gamma
- Des écrans de plomb et d'aluminium
2) Expérimentation
Essai de plusieurs protections de nature et d'épaisseur différentes face à une source de Césium 137 placée à 13cm du capteur avec un temps de comptage des paticules de 5 secondes.
3) Observations

On observe une baisse significative des particules reçues par le compteur plus les protections sont épaisses. Le plomb reste le plus efficace, il est nottament utilisé en imagerie médicale sous forme de tablier pour limiter l'impact des rayons X sur le personnel manipulant.